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Aérophage: la sélection aéronautique du reader digeste
AFP - "On se croirait au salon du Bourget" lance un quadragénaire les yeux braqués vers le ciel où le géant A380 montre sa virtuosité: "c'est encore mieux parce qu'on ressent quelque chose de personnel" lâche un autre des milliers de salariés et invités d'Airbus, dimanche à Toulouse.
Airbus a ouvert ses cinq usines toulousaines et son siège social de Blagnac aux familles et amis de ses 16.000 salariés pour leur faire découvrir ses avions et son savoir-faire. Chacun a reçu cinq invitations et les sous-traitants ont eu leur quota.
En début d'après-midi Airbus, annonçait déjà 145.000 visiteurs sur les 150.000 tickets distribués.
Le groupe européen fête en 2010 son 40e anniversaire et le dixième anniversaire de sa maison mère EADS, quatre ans après avoir connu une grave crise industrielle marquée par les retards du programme A380, et de gouvernance de l'entreprise déchirée entre Français et Allemands.
Le message est double. "Airbus va beaucoup mieux qu'il y a trois ans" déclare le directeur général Fabrice Brégier, qui parle de "sortie de crise", tandis que le président Tom Enders, venu avec sa famille en blouson, jean et tennis explique: "grand merci à nos salariés, à leur famille et à nos partenaires qui nous ont soutenus!".
Sur le tarmac de la principale usine, "Saint-Martin-du-Touch", l'A380 est exposé et visité par des milliers de visiteurs tout près de l'avion de transport militaire A400M et des autres avions de la gamme.
"C'est un peu un parc d'attraction" déclare Gérard Schiavon, du bureau d'études, venu avec sa femme Marie et leurs trois enfants. L'ingénieur compte bien se rendre ensuite à l'usine Lagardère qui assemble les A380 et emmener les enfants voir les reliques historiques: l'A300, premier programme Airbus en 1970, le Concorde et le premier Airbus cargo, le Super Guppy.
Non loin de là, Thomas Oefinger fait part de son émotion. "C'est le fruit de notre travail, c'est personnel", explique en anglais cet homme des ressources humaines. Cet Allemand arrivé de chez Eurocopter (groupe EADS) dans le sud de l'Allemagne il y a quatre semaines, découvre Toulouse et fait visiter l'usine à sa femme.
A côté de ces salariés de base, Airbus a invité des personnages symboliques de l'histoire du groupe.
Bernard Ziegler, 77 ans, est le fils du fondateur français Henri Ziegler, alors président du groupe public Aerospatiale. Il va de journaliste en journaliste pour rappeler son parcours: pilote d'essai, il a été du premier vol de l'A300, puis directeur technique dans les années 1980, il se sent "inventeur de l'A320 à commandes de vol électriques".
"Felix Kracht, le plus vieux d'entre nous, disait +je prendrai ma retraite quand on aura vendu 100 avions+, on en rigolait, cela semblait loin, et quand il est parti, on en avait vendu mille", se rappelle-t-il.
Le pionnier se souvient encore que là où se dressent les hangars de Saint-Martin "on trouvait des champignons en 1970, il n'y avait rien."
Airbus compte franchir le cap des 10.000 avions vendus en fin d'année.
Source: La Dépêche du Midi

Catherine Gay./Photo DDM

Mercredi 14 avril à Nantes, à un jet de pierre de l'aéroport, par une fraîche matinée ensoleillée. Les représentants des compagnies aériennes clientes du futur Airbus A 350 XWB (extra-large body) ont été conviés par Didier Évrard, directeur du programme, pour un point d'étape. Au programme, visite du site et de son atelier «composite» d'où sont déjà sortis les quatre panneaux en fibre de carbone destinés aux premiers appareils MSN 1 et MSN 2, sur les cinq qui participeront aux vols d'essai à partir de 2012.
Depuis le démarrage du programme, en 2007, Didier Évrard informe régulièrement les 33 compagnies qui ont commandé 530 exemplaires de ce long-courrier de nouvelle génération. Pas question de les décevoir après les retards à répétition du superjumbo A 380.
Pourquoi Nantes ? Parce que c'est là que tout commence lorsqu'Airbus fabrique un avion. Paradoxalement, c'est le site où l'on n'en voit jamais car l'usine est spécialisée dans les pièces de grande dimension, dites élémentaires. Une fois assemblées, elles forment le caisson central de voilure, aussi appelé «tronçon 21», sur lequel seront fixées les ailes, ainsi que la poutre ventrale, le keel beam, qui court tout le long. Ces deux gros éléments de structure supportent les charges de l'appareil ainsi que les forces aérodynamiques.
Nantes, avec ses 2 000 salariés, est aussi un des trois centres d'excellence composite du constructeur aéronautique avec Stade en Allemagne et Illescas en Espagne. C'est ici qu'a été réalisée la première pièce de série en fibre de carbone le 4 décembre 2009. C'est également ici que sont mis au point - en liaison avec les équipes du Technocampus, intégré au site industriel - des prototypes capables d'«habiller» les panneaux en déposant des «plis en fibre de carbone». L'A 350 comptera 53% de matériaux composites, et même 80% hors systèmes, contre 45% pour l'A 380. «Le composite permet non seulement de diviser par trois le poids des pièces mais aussi de réduire de 30% le bruit en sortie du moteur grâce à un panneau composite réalisé en un seul bloc. Une expertise unique au monde», souligne Michel Plantard, responsable de la production.
À Nantes, qui travaille en amont - de 1,5 à 2 ans - de l'assemblage final comme dans toutes les usines européennes du constructeur, le compte à rebours est enclenché. «Le calendrier est tendu. Nous devons livrer les premiers caissons à Saint-Nazaire au 1er trimestre 2011 afin que Toulouse débute l'assemblage final au 3e trimestre 2011 et que le premier client soit livré mi-2013», résume Jean-Claude Schoepf, directeur du site de Nantes. À Saint-Nazaire, le tronçon 21 sera assemblé au tronçon 15, le pavillon central en composite, une pièce de 32 mètres de long, dont la fabrication a été externalisée et confiée à l'américain Spirit, tandis que l'usine allemande de Hambourg livrera les éléments du fuselage.
Une fois le préassemblage effectué, l'appareil sera assemblé à Toulouse dans un hangar flambant neuf qui doit être livré en septembre prochain. «L'enjeu est important puisque l'A 350 est appelé à représenter de 30% à 35% de l'activité d'Airbus et autant pour notre site, où un peu moins de 500 millions d'euros ont été investis pour l'A 350», insiste Jean-Claude Schoepf.



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